2005 - Santé osseuse : au-delà du calcium

La venue de l’hiver rappellera peut-être à certains la saison des Fêtes avec la belle neige blanche qui virevolte, tandis que d’autres crieront gare aux risques de fracture! D’après la société d’ostéoporose du Canada, 4 femmes âgées de 50 ans et plus sur 10 souffriront d’une fracture de la hanche, de la colonne ou du poignet au cours de leur vie. Près d’une personnes sur 5 ayant subi une fracture de la hanche sera réorientée vers une résidence pour personne en perte d’autonomie. D’ici 2030, on s’attend à ce que le nombre de fractures de la hanche quadruple avec le vieillissement de la population.

Nous savons aujourd’hui que c’est pendant la période de la ménopause que la santé osseuse de la femme est la plus fragile car elle produit moins d’œstrogènes. En effet, des experts expliquent que la femme peut perdre jusqu’à 3% de masse osseuse par année au niveau de la colonne durant sa ménopause comparativement à 1% au niveau du bras ou de la hanche. La diminution d’œstrogènes dans le corps entraîne une diminution de l’absorption de calcium par les intestins et les reins, ce qui envoie un signe aux os de ralentir la construction et de stimuler la dégradation osseuse. D’où la recommandation d’augmenter les apports en calcium par l’alimentation ou via les suppléments de vitamines et minéraux. Nous savons par contre qu’il est impossible d’arrêter complètement la perte osseuse. Les gens peuvent diminuer la perte osseuse d’environ le tiers en prenant suffisamment de calcium, vitamine D et en restant actif physiquement. Mais, au delà du calcium, qu’y a-t-il?

De nombreuses recherches sont en cours afin d’étudier plusieurs nutriments pouvant protéger l’os. On croit à tort que l’os est une masse statique. En réalité, il est constamment détruit et reconstruit et ce processus dépend d’un équilibre fragile de quelques nutriments. En effet, la production de la matrice de l’os est dépendante de la vitamine K. Des études sont à déterminer les effets d’un supplément de vitamine K sur la santé osseuse. Actuellement, cette vitamine n’est pas en vente libre étant donné son interaction avec certains médicaments anticoagulants tels que le Coumadin. En attendant, on recommande de manger plus de légumes verts feuillus. Aussi, il semble qu’un apport augmenté en protéines peut diminuer la perte osseuse en autant que l’apport en calcium est suffisant. Dans le cas contraire, les protéines augmentent la perte du calcium dans les urines. Une augmentation de l’apport en potassium semble toutefois diminuer l’élimination du calcium. Les suppléments de potassium sont cependant contre-indiqués car de hautes doses peuvent être mortelles. Ici encore, il est suggéré de consommer une variété de fruits et légumes. Finalement, la vitamine A que l’on retrouve principalement dans le foie et dans les produits laitiers peut être plus dangereuse pour les os à des doses trop élevées (on ne devrait dépasser 2000 à 3000 UI de vitamine A-retinol par jour). L’exercice, quant à lui, diminue la perte osseuse mais diminue aussi le risque de chute en maintenant le muscle actif.

D’autres pistes de traitement et de prévention de la perte osseuse concernent le sodium, la caféine et les boissons gazeuses dans l’élimination du calcium, le magnésium pour améliorer la densité osseuse et finalement le soya et la prise d’alcool dans la stimulation d’œstrogènes chez la femme.

Alors cet hiver, en plus des produits laitiers, faites bonne provision de fruits et légumes frais, congelés ou en conserve et servez-en une bonne portion à votre baladeur avant qu’il ne parte sur les routes enneigées et les entrées glacées!

Catherine Stucky, Dt.P.