2004 - Sans sucre mais non sans risque…

Avec les maladies chroniques grandissantes comme le diabète et l’obésité, une grande partie de la population est à la recherche d’aliments faibles en calories ou sans sucre ajouté. L’industrie alimentaire s’empresse donc de développer de nouveaux produits en retirant le sucre partout où elle en avait jadis ajouté, et ce sans toujours penser à notre santé. Nous consommons donc toujours plus de produits contenant des substituts de sucre qui ne sont pas toujours sans risque. Un substitut de sucre ou édulcorant est un composé naturel ou synthétique qui, tout en ayant un certain pouvoir sucrant, n’apporte aucun ou très peu de glucides à notre organisme, contrairement au sucre lui-même. Il n’influence pas notre taux de sucre dans le sang puisque notre corps ne peut le métaboliser. Il existe sur le marché actuel plusieurs substituts de sucre qui peuvent jouer parfois entre sécurité et risque pour la santé.

Un des substituts de sucre les plus sécuritaires est le sucralose, mieux connu sous le nom de Splenda. On l’utilise entre autres dans le yogourt Source de Yoplait, certains desserts congelés, biscuits et bonbons sans sucre. Il se vend également en vrac sur les tablettes des épiceries pour remplacer le sucre dans nos recettes maison. Toutes les recherches ont démontré que le sucralose était sans danger pour la santé.

L’aspartame est certainement le plus commun de tous, connu par les produits Sweet ‘N Low (sachet bleu), Egal et NutraSweet, mais également présent dans les boissons gazeuses diètes, autres yogourts et crèmes glacées. Il a été déclaré fort probablement sécuritaire mais certaines personnes ne le tolèrent pas, ayant notamment développé des maux de tête. Le risque de cancer n’a jamais été prouvé.

Les sucres d’alcool tels que le sorbitol, xylitol, mannitol trouvés le plus souvent dans les desserts congelés et le chocolat semblent sans danger pour la santé mais peuvent causer la diarrhée si consommés en grande quantité car ils ne sont pas absorbés par notre système digestif.

L’acésulfame quant à lui, est présent dans plusieurs boissons gazeuses diètes, le chocolat et dans la plupart de gommes à mâcher sans sucre. Très peu d’études sur l’animal ont été effectuées dans les années 1970, avec des résultats incertains, voire même parfois inquiétants. Il est conseillé de l’éviter le plus possible, dans l’attente de nouvelles recherches plus sûres.

Le Stevia, un extrait de feuilles d’un arbuste d’Amérique du Sud, est vendu uniquement dans les magasins de produits naturels ou en pharmacie. Il a été banni par Santé Canada pour l’industrie alimentaire car il a démontré certains effets néfastes chez l’animal lorsque pris en grande quantité, mais aussi parce que trop peu d’études ont fait l’objet de recherche plus longue sur ce produit.

Finalement, la saccharine (Hermesetas) ainsi que le cyclamate (Sucaryl, Sugar Twin ou Sweet ‘N Low (sachet rose)) sont 2 substituts de sucre synthétiques pour lesquels les recherches scientifiques ont découvert une incidence accrue de cancer de la vessie chez l’animal. Les gouvernements en ont interdit l’usage dans l’industrie alimentaire mais ils sont tout de même vendus comme édulcorant de table dans les épiceries et pharmacies où il est obligatoire sur l’étiquette d’avoir la mention qu’un usage prolongé de ce produit peut être néfaste pour la santé et ne devrait être pris sans l’avis d’un médecin.

Tous ces produits sont utilisés en général en très petite quantité et sont relativement récents dans la chaîne alimentaire. Bien que des recherches aient été faites et approuvées sur l’animal, nous sommes encore à le tester sur l’humain. Bien des choses échappent à notre œil averti de consommateur, ne sommes-nous pourtant pas les principaux responsables de notre propre santé ? Il vaudrait peut-être mieux garder un peu de vrai sucre dans notre garde-manger mais l’utiliser avec modération. Heureusement, tous les aliments contenant un ou plusieurs de ces substituts de sucre doivent en faire part sur la liste d’ingrédients. Alors, à votre loupe et à vos étiquettes ! Bon été à tous!

Catherine Stucky, Dt.P.